mardi 20 mars 2012

Une semaine saïgonnaise (14-20 mars 2012)


Mardi 14 mars, Eurydice et moi quittons notre paisible guesthouse de l'île d'An Binh, dans le delta du Mekong, pour rejoindre par le bus (cheeeese, photo !) Hô-Chi-Minh-Ville. Ici, en fait, tout le monde dit Saigon, car "Hô-Chi-Minh-Ville", c'est un peu long. Wouuuffff, les gratte-ciel, le trafic, les klaxons... de l'énergie en barre ! Je retrouve la sensation que j'ai eue il y a tout juste deux mois à mon retour à Bangkok, dont le fourmillement urbain m'avait d'un coup remonté toutes mes batteries. On ne se refait pas : citadine je suis, citadine, de resterai....

J'ai passé ici presqu'une semaine, et je dois dire que j'ai particulièrement apprécié de prendre mon temps, aussi bien pour les visites que pour me retrouver un peu dans la vie et le rythme des villes. Beaucoup de flâneries, donc, pendant ces quelques jours, beaucoup de shopping aussi (j'ai joué Pretty Woman chez les tailleurs, les créateurs et dans les centres commerciaux : j'ai gagné, Julia Roberts peut aller se rhabiller), et enfin  beaucoup de musique et en particulier de jazz.
Avec 7 millions d'habitants, la ville est très (très) étendue, et même après quelques mois en Asie, la circulation ici m'a quand même laissée perplexe. Marche pour les petites distances, et mototaxi (et prières) pour les plus longues, donc.

  
Quels blagueurs, ces Vietnamiens, quand même.

Vendredi 16 mars, c'était le jour 100 de la Big Asian Vadrouille ! Allez hop, au Sheraton, dont le bar-terrasse du 23e étage et ses cocktail m'ont semblé tout indiqués pour l'occasion. Cheeeeers !



Côté visites, donc, il y a les temples et les pagodes de la ville. J'aime bien les pagodes : c'est calme, frais, recueilli, et ça sent bon l'encens.




 
 

 Autre lieu de culte, la cathédrale Notre-Dame, en plein centre, construite par les Français, en 1880. Intérieur sobre...




... surtout quand on compare au temple-cathédrale de Täy Ninh, à une centaine de kilomètres de la ville (petite excursion d'une journée pour aller voir ça, quand même !), siège de la secte cao daï. C'est kistch, hein ? C'est un fonctionnaire de l'administration cochinchinoise, qui s'adonnait au spiritisme, qui, à l'appel d'un esprit nommé Cao Dài avec lequel il est un jour entré en contact, a fondé en 1926 cette nouvelle religion, synthèse de tous les courants religieux d'Occident et d’Extrême-Orient. Parmi les personnalités vénérées, on trouve Victor Hugo, Jeanne d'Arc et (bien sûr) Louis Pasteur. Mais attention, ne pas trop se fier aux apparences : le caodaisme repose sur une organisation hiérarchique très structurée, qui explique notamment l'importance politique et militaire que la secte a eue, notamment quand elle a mis son armée de 25 000 hommes au service des Japonais, pendant la seconde guerre mondiale, puis des Américains pendant la guerre du Vietnam. La messe est chantée, et les couleurs des toges des dignitaires symbolisent les différents courants religieux desquels ils sont issus.

 

Retour à Saïgon. Un autre bâtiment de l'époque coloniale, la Poste centrale. La charpente métallique est signée Eiffel. 
 
Le ravissant opéra, qui malheureusement n'a pas proposé de représentations pendant mon séjour. Je prendrai ma revanche à Hanoï. A droite, l'Hôtel de Ville.

Dans le désordre, quelques jolies pièces au musée d'histoire du Vietnam, mais je suis une bille parce que je ne sais plus ce que c'est.
  


Sans oublier les marchés ! Le marché central s'appelle Ben Thanh, et son entrée principale est devenue l'emblème de HCMV. J'y ai dégoté des tissus pour me faire faire 2-3 robes chez les tailleurs du coin. Le marché de Cholon, à l'ouest, est beaucoup plus important.... vaste de choix de chapeaux ! 

  
  


Et puis à Saigon, ancienne capitale du Sud-Vietnam, il y a évidemment le chapitre Guerre du Vietnam. Premier témoin de cette époque douloureuse, le Palais de la Réunification. C'est en fait l'ancien palais présidentiel, qui le 30 avril 1975 a été pris par les forces communistes de l'armée Nord-vietnamienne, marquant ainsi la chute de Saigon et la fin de la guerre. Le palais a été transformé en musée. Tout y est parfaitement conservé. Son architecture élégante typique 60's m'a beaucoup plu.   

 


Autre visite, à une soixantaine de kilomètres d'HCMV, les tunnels de Cu Chi : il s'agit de l'incroyable réseau de galeries souterraines secrètes utilisées par les combattants vietcongs (communistes) pour résister aux attaques américaines. Dispositif d'une efficacité redoutable, qui a su résister, avec des moyens dérisoires, à l'armée la plus puissante du monde. Les Américains ont mis longtemps à découvrir l'existence de ces tunnels. Quand ils ont commencé à trouver quelques entrées, ils étaient trop larges pour passer dans les conduits, où les vietcongs circulaient "sans problème". Ils ont alors envoyé des chiens, mais les maquisards ont trompé leur odorat en se lavant avec du savon américain. Et puis il y avait les pièges installés dans les tunnels... La découverte d'un tronçon de quelques mètres (claustrophobes, s'abstenir !!) explique à elle seule la combativité farouche des Vietcongs : il faut être tenace pour passer des jours, des semaines entières dans ces galeries étouffantes...
A côté de ça, la visite est plutôt surprenante : on vous propose d'aller jouer à la guerre en tirant quelques balles réelles avec des armes de l'époque, et d'acheter en souvenir des sandales Ho-Chi-Minh - la sandale du combattant Vietcong en pneu usé- faites sur place ... Que de bon goût !! 

Petite fille brûlée au napalm. Nick Ut, prix Pulitzer 1972. 
Et puis bien sûr, à Saigon, il y a le fameux musée des souvenirs de guerre. Que dire ? Ce lieu est d'une violence effroyable. Le réalisme des photos laisse peu de place au suggestif : on est dans le concret, cruel, atroce, et malheureusement toujours d'actualité. Car à côté des clichés en noir et blanc, ultra-célèbres ou moins connus, de scènes de guerre, de civils torturés, déchiquetés, exécutés, ou de populations fuyants les bombardements, il y a ces images récentes, en couleurs, des enfants d'aujourd'hui, victimes de l'agent orange, qui naissent toujours avec des malformations monstrueuses. Et ils sont nombreux, dans les rues de Saigon, à faire la manche, prisonniers à vie de leurs corps misérables. 

 

Un bel hommage est rendu aux reporters de guerre, aussi bien vietnamiens qu'américains ou européens, dont bon nombre ont trouvé la mort en couvrant le conflit. Maintenant, il va falloir que je lise autre chose que le web, le Routard ou le Lonely sur la période et l'histoire du Vietnam en général, car j'avoue que malgré mes efforts je ne comprends pas encore tout... si tant est qu'une guerre pareille puisse être un jour comprise. 

13 commentaires:

  1. Félicitation pour la 100ème de la BAV :-)
    Continue à en profiter au maximum

    PS NEM c'est uniquement pour les filles bien roulées ou pas? ...

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    1. Mouhaha, je ne l'ai pas vu venir, celle-ci ! ;)

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    2. Je n'ai aucun mérite j'ai piqué la blague dans Nem's Health ;-)

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  2. Quat' pââââ quat' nems ça fait seize pièces ouais...!

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  3. Les pagodes, ces lieux de cultes éminemment spirituels et sacrés, souvent places de méditation et de Zen... Ces endroits, toi tu les aimes bien parce que c'est "frais et que ça sent bon l'encens" ...
    Brûle profane !
    Hérétique !
    COMMUNISTE !!!!!

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    1. Mais ma parole, qu'est-ce qui t'arrive, Petit Plouc ? C'est calme, frais, recueilli, et ça sent bon l'encens, DONC c'est propice à la méditation. Il ne faut pas se fâcher comme ça, enfin :)

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    2. la prochaine fois tu causeras meilleur des pagodes !

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  4. Marion ? c'est quoi cette photo avec cette tête de folle ?
    sans déconner, tu t'es fait pirater ton blog, c'est pas possible. Je vois pas d'autre explication...

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    1. Laquelle ? Celle d'en haut, je n'ai pas ma tête de folle, et celle d'en bas, je suis dans un tunnel sous terre, et je n'aime pas ça, alors pouet pouet !

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    2. celle dans le tunnel !!!
      T'aurais même fait peur aux Vietcongs.... ;-)

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  5. C'est quoi ces livres roses ? d'ailleurs sont-ce des livres ?

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    1. Non non, ce ne sont pas des livres, mais des petits bouts de papier avec des prières dessus.

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